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Principales différences entre les pays participants au projet

Principales espèces cultivées dans chaque pays, quantités produites et répartition spatiale dans le pays

L'analyse des espèces cultivées dans les cinq pays participant au consortium du projet OPTIMA révèle des différences substantielles.
En Espagne,
le secteur est presque entièrement dominé par la moule méditerranéenne (Mytilus galloprovincialis). Le pays est le premier producteur européen de moules, avec des volumes dépassant 200 000 tonnes par an, concentrés en Galice, où les rías (profonds bras de mer, notamment les Rías Baixas : Arousa, Pontevedra et Vigo) offrent un environnement exceptionnellement fertile, enrichi par les courants d'upwelling océanique. L'Espagne produit également des huîtres, en volumes plus modestes mais significatifs, comprenant l'huître japonaise (Magallana gigas) et l'huître plate indigène (Ostrea edulis). Sur la côte méditerranéenne (Catalogne, delta de l'Èbre, Communauté valencienne), d'autres centres de production de moules et d'huîtres opèrent en pleine mer ou dans des baies abritées.

En France, la production se distingue par une forte orientation ostréicole et une bonne répartition géographique le long du littoral. L'huître creuse (Magallana gigas) est l'espèce dominante, avec environ 80 000 tonnes par an, complétée par une production de niche historiquement précieuse d'huître plate (Ostrea edulis).

L'élevage de moules est également important, avec environ 45 000 tonnes de moules atlantiques (Mytilus edulis) et 10 000 tonnes de moules méditerranéennes (Mytilus galloprovincialis).

La production couvre l'ensemble de la façade atlantique (de la frontière belge à l'Espagne, avec les principaux centres en Bretagne, Normandie, Pays de la Loire et Nouvelle-Aquitaine) ainsi que la côte méditerranéenne, notamment l'étang de Thau en Occitanie. La France produit également, en volumes plus modestes, des palourdes, des praires et des coquilles Saint-Jacques.

En Italie, la production est marquée par un fort dualisme. D'un côté, l'élevage de moules (Mytilus galloprovincialis) prédomine sur l'ensemble de la péninsule, avec des centres d'excellence sur la côte adriatique (Émilie-Romagne, Marches, Vénétie, Pouilles et le célèbre centre de Tarente) et en Ligurie (golfe de La Spezia). De l'autre, la vénériculture, soit l'élevage de la palourde japonaise (Ruditapes philippinarum), fait de l'Italie le leader européen incontesté de cette espèce, avec une production concentrée dans les écosystèmes lagunaires du nord de l'Adriatique (delta du Pô, Sacca di Scardovari, Sacca di Goro, lagune de Venise, lagune de Marano et Grado). L'élevage de l'huître japonaise (Magallana gigas) est par ailleurs en forte progression, avec des centres prometteurs en Sardaigne, dans les lagunes du delta du Pô et à La Spezia.
En Irlande,
la production se concentre sur les huîtres de haute qualité (Magallana gigas et, dans une moindre mesure, Ostrea edulis) et les moules atlantiques (Mytilus edulis). Bien que les volumes soient inférieurs à ceux de la France ou de l'Espagne, le secteur se distingue par des normes de qualité élevées et une forte orientation vers l'exportation. Les huîtres sont principalement produites dans les régions du sud-est et du nord, tandis que les moules sur cordes suspendues se concentrent dans les baies protégées du sud, du sud-ouest et de l'ouest. L'élevage de fond est quant à lui principalement localisé dans le sud-est (baie de Wexford) et le nord-est.

En Grèce, la conchyliculture est pratiquement synonyme d'élevage de moules (Mytilus galloprovincialis), presque une monoculture. Le pays produit des dizaines de milliers de tonnes par an, concentrées en grande partie dans le nord de la péninsule. Les meilleures zones sont sans aucun doute le golfe de Thermaïque (en particulier, dans les régions de Makrigialos et de Chalastra), le golfe d'Amvrakikos et, dans une moindre mesure, le golfe de Maliakos. Ces zones sont cruciales car, contrairement aux eaux cristallines mais pauvres en nutriments du sud et des îles de la mer Égée, elles bénéficient de l'apport vital d'eau douce et de nutriments qui s'écoulent vers la mer depuis les fleuves continentaux de la Grèce (comme l'Axios et l'Aliakmon), ce qui fournit l'alimentation nécessaire à la croissance rapide des bivalves. Les huîtres et d'autres espèces représentent actuellement une production marginale, bien que des efforts soient déployés pour diversifier.

Fig. 9 - Principales espèces cultivées dans les 5 pays participants au projet