Texte à lire

Impact de la conchyliculture: analyse de l'empreinte carbone et évaluation du cycle de vie

Mieux connaître l'empreinte carbone et l'ECV

De nombreuses études montrent que la conchyliculture présente une empreinte carbone nettement inférieure à celle d'autres productions animales, comme l'élevage bovin ou porcin. Cela tient principalement au fait que les bivalves sont des organismes à croissance rapide et à faibles besoins énergétiques, se nourrissant essentiellement par filtration de l'eau de mer (Crawford et al., 2003 ; Dumbauld et al., 2009).

La capacité des bivalves à séquestrer le carbone constitue également un sujet de recherche en plein essor.

Par filtration, ces organismes assimilent le carbonate de calcium présent dans l'eau de mer pour former leurs coquilles.

Ce carbonate de calcium, déposé au fond de la mer à la mort de l'organisme, peut y rester séquestré pendant des milliers d'années, contribuant ainsi à réduire les concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone.

Les mécanismes de séquestration du carbone reposent principalement sur deux processus : la biominéralisation, c'est-à-dire la formation des coquilles, qui constitue le principal vecteur de séquestration ; et la sédimentation, les coquilles se déposant au fond marin après la mort de l'organisme et contribuant à la formation de bancs calcaires et de sédiments.

Plusieurs facteurs influencent l'ampleur de cette séquestration : l'espèce considérée, dont le taux de croissance et de calcification varie ; les conditions environnementales (température, salinité, disponibilité alimentaire, etc.), qui influencent la croissance et la calcification des mollusques ; les pratiques de gestion de l'exploitation, telles que la densité de population et la fréquence de récolte ; le système d'élevage retenu, chacun présentant ses propres avantages et limites en matière de durabilité ; la localisation du site, dont les conditions environnementales (qualité de l'eau, profondeur, courants) influencent considérablement l'impact global ; et enfin la gestion des déchets produits par l'élevage, essentielle pour limiter la pollution.

Dans l'ensemble, la conchyliculture présente une empreinte carbone exceptionnellement faible

Pour l'ostréiculture, le gazole utilisé par les tracteurs constitue le principal poste d'émissions, à hauteur d'environ 60 %.

De manière générale, les émissions du secteur conchylicole irlandais restent faibles, représentant moins de 1 % des émissions de gaz à effet de serre de l'ensemble du secteur de la pêche irlandais. Pour réduire davantage cette empreinte carbone, une gestion durable et le recours aux principes de l'économie circulaire s'avèrent nécessaires : leur application au secteur conchylicole peut générer des bénéfices à la fois environnementaux et économiques significatifs.

 

Fig. 21 - Différence d'empreinte carbone entre l'élevage terrestre et la conchyliculture. Principaux impacts des bivalves

 

L'optimisation de la consommation d'énergie repose sur le recours aux énergies renouvelables, l'amélioration de l'efficacité énergétique et l'adoption de systèmes de suivi et de contrôle. La logique de réduction, réutilisation et recyclage vise à minimiser la production de déchets, à réutiliser les matériaux et produits le plus longtemps possible, et à recycler ceux qui ne peuvent plus l'être. L'optimisation logistique passe par la réduction des distances de transport et le recours à des emballages éco-responsables. La valorisation des sous-produits consiste à récupérer et exploiter les résidus issus de la transformation des bivalves — coquilles notamment — afin de réduire les déchets et de créer de nouveaux produits. Enfin, l'aquaculture intégrée, associant la production de bivalves à d'autres activités d'élevage, permet d'optimiser l'usage des ressources et de réduire les impacts environnementaux.

Les produits de l'aquaculture présentent ainsi une faible empreinte carbone, ce qui contribue aux objectifs réglementaires de réduction des émissions. Les entreprises de production alimentaire à faibles émissions de carbone ont le potentiel d'accroître la disponibilité et la sécurité alimentaire de produits de la mer nutritifs pour les consommateurs.

Des divergences méthodologiques existent toutefois quant aux processus à prendre en compte — comment intégrer et estimer ce bilan carbone, et à quelle échelle l'appliquer, de l'individu à l'écosystème.

Les conditions environnementales propres au site et les méthodes d'élevage influencent également de manière significative ces estimations.