Communiquer l'importance des services écosystémiques, la faible empreinte carbone et le rôle écologique et social des bivalves : capacité à communiquer des idées complexes à un public de consommateurs en utilisant un langage et des plateformes accessibles

Expliquer le faible impact environnemental et la faible empreinte carbone de la production de bivalves par rapport à d'autres sources de protéines

La conchyliculture occupe une position exceptionnellement favorable au sein du système alimentaire mondial, du point de vue environnemental.

Contrairement à la pisciculture, à l'élevage de volailles ou à l'élevage en général, la conchyliculture ne nécessite ni aliments externes, ni apports d'eau douce, ni engrais, ni terres agricoles. Les bivalves se nourrissent en filtrant directement le phytoplancton et les particules organiques en suspension dans la colonne d'eau, ce qui les rend totalement dépendants de l'écosystème aquatique et étroitement intégrés à celui-ci.

 

Fig. 30 - Comparaison entre les exploitations intensives terrestres et marines et les exploitations de mollusques marins

 

Émissions de gaz à effet de serre

La conchyliculture génère des émissions de gaz à effet de serre nettement inférieures, par tonne de protéines produite, à la plupart des autres systèmes de production animale.

tales associées à la production de farine de poisson (Vélez-Henao et al., 2021).

 

Séquestration du carbone

La relation entre la conchyliculture et le carbone est plus nuancée qu'une simple opposition entre « puits de carbone » et « source de carbone ».

Une étude récente publiée dans Science of the Total Environment (Song et al., 2024) a examiné les éléments suggérant que l'aquaculture mondiale de bivalves pourrait permettre d'éliminer environ 7 millions de tonnes de carbone par an grâce à la formation des coquilles.

Selon ces travaux, une conchyliculture pratiquée à densité modérée modifierait également la structure des communautés de phytoplancton, en favorisant des espèces plus petites et plus denses en carbone, ce qui pourrait accroître le stockage global de carbone dans la colonne d'eau.

La conchyliculture augmenterait par ailleurs les taux de sédimentation des particules en suspension, favorisant ainsi l'enfouissement du carbone dans les environnements côtiers à faible énergie (Song et al., 2024).

Il convient toutefois de souligner que ces résultats reposent sur des travaux récents et encore débattus dans la littérature scientifique : le bilan carbone net de la conchyliculture fait l'objet d'un consensus scientifique encore en construction, certaines études soulignant par exemple que la respiration des bivalves et la reminéralisation des sédiments peuvent partiellement compenser ces effets de stockage.

Les professionnels doivent donc présenter ces résultats comme une piste prometteuse, en reconnaissant explicitement qu'il s'agit d'un champ de recherche actif et que les ordres de grandeur avancés restent à confirmer, plutôt que comme une conclusion définitive sur le rôle de la conchyliculture comme puits de carbone.

 

Comparaison avec les protéines terrestres

Remplacer une partie des protéines alimentaires issues du bœuf, du porc ou de la volaille par des protéines de bivalves constitue l'une des substitutions alimentaires à faible teneur en carbone les plus accessibles.

Zhang et al. (2025) passent en revue les éléments montrant que les bivalves constituent des sources de protéines animales à la fois respectueuses du climat et de très haute qualité nutritionnelle, et avancent qu'une substitution à grande échelle de ce type pourrait contribuer de manière significative aux stratégies d'atténuation du changement climatique.

 

Qualité de l'eau et services écosystémiques

Les bivalves sont de véritables ingénieurs d'écosystèmes. Les populations qui se nourrissent par filtration améliorent la clarté de l'eau en éliminant l'excès de phytoplancton et de particules en suspension, ce qui réduit le risque d'hypoxie et favorise la régénération de la végétation aquatique submergée. Leur biodéposition contribue au cycle des nutriments, tandis que leurs structures de substrat dur offrent un habitat à d'autres organismes marins (Filgueira et al., 2019).

Ces services rendus à l'écosystème ont une valeur économique quantifiable, mais celle-ci reste encore largement absente des prix de marché – une lacune que les professionnels de l'aquaculture et les organisations du secteur peuvent activement porter auprès des régulateurs et des planificateurs.